Le dernier classement 2026 du magazine Forbes confirme une tendance mondiale spectaculaire : le nombre de milliardaires a atteint un niveau record de 3 428 personnes, soit 400 de plus qu’en 2025, et leur fortune cumulée dépasse désormais 20 100 milliards de dollars. C’est un bond de plus de 4 000 milliards en seulement un an une accélération inédite portée par les secteurs technologiques, des marchés financiers dynamiques et des politiques fiscales favorables à la création de richesse.
Cette effervescence mondiale se matérialise par des success stories planétaires Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX, domine largement le classement avec une fortune estimée à 839 milliards de dollars, triplant presque la richesse des deuxièmes et troisièmes plus riches du monde.
Pourtant, côté marocain, le statu quo est de mise. Le Royaume conserve trois milliardaires inscrits sur la liste Forbes 2026, mais leur progression reste timide et contrastée face à l’essor global de cette élite économique.
À 93 ans, Othman Benjelloun demeure la première fortune du Maroc, avec une richesse estimée à 1,7 milliard de dollars. Le président‑directeur général de Bank of Africa est classé 2 386e milliardaire mondial et 18e en Afrique, et il a vu sa fortune augmenter légèrement par rapport à l’an dernier. Sa banque est présente dans plusieurs régions africaines et figure parmi les piliers du secteur financier marocain.
Juste derrière, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement et principal actionnaire du groupe Akwa, se positionne avec une fortune de 1,6 milliard de dollars. Il se place 2 481e mondial et 19e africain. Sa richesse a également connu une légère hausse, mais elle demeure bien en deçà de ses niveaux passés, notamment par rapport à 2018 où elle avait dépassé 2 milliards de dollars.
La trajectoire la plus marquée est celle d’Anas Sefrioui, fondateur du groupe Addoha. En 2026, sa fortune est estimée à 1,3 milliard de dollars, ce qui le classe 2 858e mondial et 22e africain. Contrairement à ses compatriotes, Sefrioui a vu sa richesse diminuer d’environ 300 millions de dollars par rapport à l’année précédente, reflétant la volatilité du secteur immobilier et les défis spécifiques du marché régional.
À l’échelle du continent africain, le Maroc reste présent mais loin derrière d’autres pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte ou le Nigeria en termes de nombre de milliardaires ou de niveaux de fortune cumulée.
Ce statu quo marocain, dans un contexte mondial où les grandes fortunes semblent littéralement décoller, invite à une double lecture : d’un côté, le maintien de noms historiques du paysage économique du pays ; de l’autre, l’absence d’une nouvelle vague d’entrepreneurs capables d’émerger dans ce club très fermé. Cette réalité, certes contrastée, souligne l’importance de renforcer l’écosystème entrepreneurial, d’encourager l’innovation et de développer des secteurs porteurs capables d’ouvrir de nouvelles avenues de croissance et de création de richesse au Maroc.
Au final, le classement Forbes 2026 illustre plus qu’un palmarès de fortunes il reflète l’accélération fulgurante des écarts de richesse mondiaux et la nécessité, pour le Maroc, de catalyser une nouvelle génération d’acteurs économiques ambitieux et innovants si le Royaume veut marquer davantage cette ère d’explosion des milliardaires.